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30.03.2006
24 - Les deux languettes de Trélat
Ah, vous tombez bien, me dit Donatella. Elle aurait pu dire Bonjour Monsieur ou Buona Pasqua ou me demander comment j’allais. J’avais prévu de répondre par quelque lapidaire merci, à vous de même, comme le temps.
Il fait beau.
Je m’étais promis d’être ferme. Non, elle ne pourrait plus se dérober, cette fois-ci ! Non, je ne voudrais rien savoir de la journée d’hier, de l’excursion à Ventimiglia, de son cousin qui aurait conduit parce que, sur les petites routes de montagne, elle a le vertige, du marché et du faux Louis Vuitton qu’elle y aurait déniché pour sa maman.
Chaussé pour la réussite par Benito Benzoni, j’allais acculer cette grande gamine à me dire enfin tout la vérité sur ce fichu four à pizza, que son père maçonnait dans une chambre d’hôpital. Celle de mon fils !
Mais voilà. Je tombe bien. Donatella a besoin de moi, justement. A vrai dire elle m’attendait, là, dans le hall d’entrée. Elle est assise sur le comptoir, les jambes croisées, sa blouse blanche rechignant à la couvrir avec décence. Sa position me trouble un peu. Pourquoi, au juste ?
Je crois qu’elle me rappelle le quartier chaud d’Amsterdam, voilà ! Un congrès. Il y a sept ans, ou huit. Roberto tenait à nous montrer ça, nous avait promis qu’on n’en croirait pas nos yeux. Angelo et moi l’avons suivi pour déambuler dans ces rues où chaque petite maison est une boutique d’un genre particulier. Au Nord, il fait bien trop froid pour faire le trottoir, nous avait expliqué notre chef, vraiment bien informé. Surtout dans des tenues pareilles !
C’est vrai qu’elles étaient presque nues, la plupart de ces dames qui nous souriaient dans la lueur des néons roses ou mauves et qui faisaient des gestes pour nous indiquer le prix ou la nature de leurs prestations. Parmi les rares qui se dévoilaient moins, il y en avait une en robe noire qui fumait avec nonchalance et qui semblait indifférente à notre présence, de l’autre côté de la vitre. Sa manière de se tenir sur son tabouret donnait à sa présence quelque chose de fortuit, me la rendait...
C’est un travesti, m’a dit Roberto, en grand connaisseur. M’a-t-il vu rougir ?
«Vous venez ?»
Donatella décroise les jambes se lève et ajuste un peu sa mise. Je serais vraiment très surpris d’apprendre qu’elle est un garçon.
Nella part rejoindre Ottavio et moi, qui tombe bien sans trop savoir ni où ni pourquoi, je suis l’infirmière qui ne m’a pas laissé le loisir de formuler la moindre objection. Nous voilà déjà dans un ascenseur de service qui descend. Lentement.
«Ottavio me dit que l’électricité, ça vous connaît un peu ?»
Un peu, sans aucun doute ! Cinq années d’études supérieures, un diplôme d’ingénieur spécialisé en électronique, je suppose que tout cela peut vous laisser vaguement familier avec le sujet ?
Ceci dit, depuis qu’on m’a promis une belle carrière comme laveur de vitres, plus rien ne me surprend. Je lui souris et m’amuse à répondre :
« Vous voulez dire ce truc qui fait des étincelles et au sujet duquel Galvani et Volta se sont tant disputés ? »
Elle me dévisage.
«Bon, ben vous me direz…»
Je la suis maintenant dans un dédale souterrain. Les caves de San Benedetto. J’imagine Ottavio qui déballe ses cadeaux et je m’en veux de ne pas être avec lui.
«C’est impressionnant, non ?»
Je dis oui, mais je pense que l’adjectif effrayant conviendrait mieux. Il est de ces envers du décor qu’il vaut mieux ne pas visiter. On prétend que cela serait vrai des cuisines de certains restaurants, même très huppés. Je peux vous dire que c’est certainement le cas pour le sous-sol de cet hôpital !
«Ne regardez pas par là !»
Trop tard. J’ai vu. Donatella m’assure que c’est le long week-end pascal qui veut ça. D’ordinaire, tout ce matériel chirurgical qui se trouve là sur ces chariots métalliques, débordant aussi de tissus ensanglantés, serait déjà nettoyé et passé en autoclave. Elle écarte un des chariots de son chemin, fait tomber un instrument étrange.
«Ne le ramassez pas !»
Je n’en avais pas vraiment l’intention.
«C’est un anuscope, ça. Vous voyez les deux languettes ?»
Non, merci. Elle n’insiste pas. Mon regard cherche un peu de réconfort dans la contemplation des grands tas de draps que nous longeons à droite.
«C’est un Trélat.»
Enchanté.
«L’anuscope de Mathieu en a trois.»
Je ne désire pas le savoir.
«De languettes, je veux dire.»
Nous pénétrons dans un espace plus rassurant. Trois des murs sont carrelés de bleu. Le quatrième est une grande surface en acier inoxydable. S’y découpent, à mi-hauteur, trois portillons. Le sol est blanc, étincelant.
«C’est beau, non ?»
Je suppose qu’il faut dire oui.
«C’est notre nouvel autoclave !»
Donatella ouvre le portillon du milieu et m’invite à venir voir la cuve dans laquelle on dépose les instruments pour les exposer ensuite à la vapeur d’eau sous pression. Est-ce que je vois la deuxième porte, au fond, à l’autre extrémité de la cuve ?
J’ose encore un oui docile, espérant qu’elle n’y verra pas un encouragement à me faire une démonstration. A l’arrière de toute cette installation, il y a une autre salle comme celle-ci. C’est là qu’on viendra récupérer les instruments stérilisés, et puis…
«Je vous ennuie ?»
Non. Ce que je ressens n’est pas de l’indifférence mais de l’inconfort, plutôt. Une gêne. Je pense à ceux qui travaillent ici, dans ces caves, dans ces odeurs, à l’ombre de ceux qu’on voit sauver des vies dans les films ou feuilletons télévisés. Je me demande surtout si Ottavio aimera son sweater blanc ? Puis pour la taille, nous avons hésité, hier. Il est grand, pour un garçon d’onze ans. Mais pas très large. Il sera comme toi, plus tard, avait osé Nella, dans le magasin. Dis moi qu’on verra ça, qu’on le verra grand et mince comme toi.
«Et voilà l’ancêtre !»
L’endroit où nous sommes maintenant devait être le but du périple, car Donatella s’accroupit devant un grand engin cylindrique, puis se redresse, semble se raviser, me dit :
«Attendez ici, je reviens !»
Des rayonnages remplis de matériel médical. Dans un coin, une masse toute blanche, de la taille de deux ou trois frigos américains munis de grands autocollants rouges signalant qu’il émet des rayons nocifs. Ailleurs, trois tabourets sur roulettes dont le coussin noir fatigué laisse échapper, par des entailles, une masse floconneuse jaunâtre.
«Voilà !»
Elle revient avec un drap vert qu’elle étale par terre devant le cylindre.
«N’ayez pas peur. Il est propre !»
Elle se met à genoux, me fait signe de venir examiner, avec elle, les entrailles du truc, du…
«C’est un chauffe-eau ?»
Je m’agenouille près d’elle, moins par intérêt pour l’engin que pour échapper à la vue plongeante qu’elle m’offrait de sa poitrine tant que j’étais debout.
«Vous brûlez ! C’est notre vieil autoclave, ça ! Et c’est bien la résistance qui chauffe l’eau qui nous intéresse ! »
Il est trop tard, déjà, pour prendre mes distances par rapport à ce « nous ». J’examine le peu qu’on peut voir à travers l’ouverture laissée par le démontage partiel du tableau de commande. Douze kilowatts. Une électronique rudimentaire. Pour accéder à tout, je me demande s’il ne faudrait pas démanteler l’engin un peu plus. Puis, il y a là un petit flexible qui me gêne…
Donatella éclate de rire.
«Heureusement qu’elle est froide !»
Quelqu’un a été stupide au point de venir ranger l’appareil dans cette remise sans le purger d’abord de toute l’eau qu’il contenait encore ! Elle s’échappe du petit bout de caoutchouc qui prend un malin plaisir à glisser entre mes doigts pour arroser copieusement Donatella, le drap, mon pantalon…
«Si vous me disiez ce qu’on cherche à faire, là ?»
Telle qu’elle se tient, maintenant, sur l’un des vieux tabourets, secouant des pans de sa blouse pour la sécher, je la soupçonne de chercher à jouer de son charme. Mon regard doit l’en dissuader car elle change de tactique.
«Je savais que vous finiriez par vous fâcher…»
Diable, je viens à l’hôpital pour voir mon fils, pas pour me distraire avec un vieil autoclave incontinent dans des caves qui me fichent le bourdon !
«La résistance, c’est pour le four…»
«Le four à pizzas ?»
Elle continue de prendre un air d’enfant battu pour m’expliquer qu’elle n’est pas folle. Je ne m’imaginais tout de même pas qu’elle allait faire un feu de bois dans la chambre d’Ottavio, non ?
Ce sera un four électrique, voilà. Grâce auquel, car elle reprend confiance et se met à argumenter avec plus de conviction, grâce auquel mon fils aura bien chaud. Je n’ignore pas qu’en hiver, l’unique radiateur qu’il y a là, suffit à peine ! Sans compter qu’il risque à tout moment de rendre l’âme. Je l’interromps.
«Vous avez un tourne-vis ?»
« La boîte à outils est là. Je vais aller vous trouver un pantalon. »
Je tourne autour du cylindre, cherchant par où commencer son démantèlement complet. Donatella revient sur ses pas.
«Vert ou blanc, le pantalon ? Vert c’est pour les chirurgiens…»
On n’a rien prévu pour les laveurs de vitres qui opèrent les autoclaves défunts afin de prélever leurs organes ?
«Vert ira mieux avec vos chaussures, je crois.»
Il nous faut encore une bonne demi-heure pour que l’engin accepte enfin de nous faire don de son élément chauffant.
«Vous êtes génial !»
Donatella m’embrasse, me tend le pantalon, se retourne pendant que je me change. Sur le chemin du retour, elle s’arrête, me dit avec un grand sourire :
«Je viens de piger pour Galvani et Volta !»
Il n’y avait rien à comprendre, c’était un petit sarcasme gratuit. J’ai envie qu’elle presse un peu le pas et qu’on quitte cet endroit. Je veux retrouver Nella et mon fils.
«Vous disiez ça pour la prothèse d’Ottavio, non ?»
Dans l’ascenseur de service qui remonte lentement, elle continue, pensive.
«Volta, c’est l’inventeur de la pile…»
Oui.
«Mais l’activité électrique des muscles, ça c’est la découverte de Galvani.»
Tout à fait. A la fin du dix-huitième siècle, la rivalité entre les deux hommes divisait la communauté scientifique. Pour les uns, l’électricité était d’origine métallique. Pour les autres, elle était animale.
«Voilà !»
Voilà quoi ?
«Volta fournit l’énergie pour les moteurs de la prothèse. Mais c’est Galvani qui permet à Ottavio de contrôler cette énergie par l’activité de ses muscles.»
Je la dévisage.
«Elles sont cool, vos chaussures !»
23:10 Publié dans 1 - Hockenpock | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : Pensées & écritures
Commentaires
Surprenante, Donatella !
Une éclaircie, même si Pasquale est toujours un peu mou, sans volonté.
Trop bien écrit, le "chaussé pour la réussite..." qu'il pense au début (quand il s'imagine dire ceci ou celà) opposé à "elles sont cool vos chaussures" qu'il s'entend dire à la fin (quand, en fin de compte, il n'a rien dit du tout)
Un vrai plaisir de te lire, Peter
Merci
Ecrit par : françoise | 31.03.2006
"Et on reprend sa couverture et son caillou dans sa chaussure "
Belle mélodie de Stephan EICHER ( Beaucoup de Philippe DJIAN chez lui et c'est bonheur d'entendre) , le chanteur à textes Européen que je préfère ex-écho avec Nilda FERNANDEZ...
Il connaît çà Pascuale ?
Ecrit par : Marie.Pool | 01.04.2006
Merci Françoise !
Un peu trop d'ironie, dans ce dernier, noyait le propos et finissait par nous montrer un Pasquale totalement dissipé.
Heureusement qu'une lectrice qui l'aime plus que moi (perso, il m'agace parfois) m'a rappelé à l'ordre.
:-)
Ecrit par : Peter | 02.04.2006
Oh, faudra songer à refaire son éducation, un de ces quatre, MP !
:-)
Ecrit par : Peter | 02.04.2006
L'éducation est malheureusement une copie parentale sans carbone. C'est une chance pour Pascuale qui garde toute latitude pour récrire sa page selon l'aplomb dont il devient capable. C'est un type sympathique ce Pascuale ,parfois moins poltron que ces clônes virtuels. Il s'essaie à redistribuer les cartes, mais il ne sait jamais quel jeu il a véritablement entre les mains . Il regarde celui des autres en biais et se fait épingler encore trop souvent Il pense trop Pascuale, il se disperse et manque de stratégie pour s'éviter les mêmes bourdes, surtout auprès de Donatella qui est un peu lasse de ses approximations, ses atermoiements et ses demandes de soutien cousues à gros fil blanc. Qu'elle tire un fil et ça redécoud une partie de ses certitudes péniblement assemblées.Elle n'aime pas faire cela, mais lui l'y pousse encore trop souvent . Elle regarde ses chaussures ( à lui ) et soupire... Si au moins il s'appelait Hermès, il lui ferait des vacances. Pour Ottavio, elle sait ce qu'il en est, elle assure tout simplement ce qui est essentiel : la qualité de présence au bon moment . Le môme n'a même pas besoin de réclamer, il peut même se payer le luxe de la traiter de mauvaise mère sans qu'elle ne s'en affecte... Elle a du répondant et du liant à en revendre... Mais pour Pascuale, elle ne veut pas que cela soit gratuit et à sens unique ... La version licorne ou pourvoyeuse à la Vermeer, elle a déjà donné...Elle en garde un peu pour elle maintenant. Elle le regarde tendrement, un peu moqueuse mais attendrie. Les hommes de cet âge inspire ce genre de chose s'ils ne sont pas trop exigeants et un peu moins burins que d' habitude. Les complaisances envers l'alibi-rut ont vécu. Elle demande du respect et de la retenue.Elle aime qu'il apprenne à aimer de façon concrète et non toujours fantasmatique. Elle se fout de ses performances viagranabolisantes, elle préfère l'amour en mer sans escale au cap "faut-que(j'assure", elle aime les yeux dans les yeux, le peau-à-peau, le voix-à-voix et le clair-obscur des silences de plénitude.Elle veut tout, elle n'exige rien. A lui de voir comment renoncer à l'annexer pour son bon plaisir . Elle est indépendante Donatella. Et ça va pas s'arranger, crois-moi Peter... L'Education n'y est plus pour beaucoup c'est l'expérience qui fait le poids. Ce n'est plus négociable. Tu comprends ?
Ecrit par : Marie.Pool | 02.04.2006
Kikoo MP !
Nella c'est l'épouse, Do c'est l'infirmière.
Nous ne savons pas grand chose d'elles, en fait, sinon ceci :
Elles semblent savoir ce qu'elles font, ici-bas, alors que Pasquale se le demande encore.
Ce que nous voyons à travers son regard, c'est qu'elles sont certainement des anti-thèses des prototypes chers à Simenon.
Pour corser le tout, la seule escapade de notre homme dans un univers aux règles moins subtiles se solde par un malentendu révélateur : il s'arrête devant un travesti.
C'est lui-même qu'il cherche à rencontrer autant qu'un Roberto, par exemple, doit probablement fréquenter les prostituées (il est un peu trop expert pour ne pas être client) pour ne surtout pas se rencontrer.
:-)
Ecrit par : Peter | 03.04.2006
Tu mets une attelle entre les deux elles et ça doublera la mise... Je m'y perds dans tes personnages et ce n'est pas étonnant car les emboîtements sont permanents, et je zappe sans m'en apercevoir, tu faisais du roman russe dans une vie antérieure ? Roberto ne m'est pas trop sympathique et il va pas tarder à se faire allumer car sur ces questions d'instrumentalisation des femmes je suis sans appel ! Les boulevards du sperme à camionnettes blanches me font vomir et je ne décolère jamais lorsque je passe derrière une certaine gare, où de bons pères de famille et toute une légion de mal caressés (pas forcément vieux et moches) collent leur bagnole contre les parechocs pour mieux les surveiller pendant les ébats... C'est vrai que si on pique la bagnole, on est mal, on est mal ! Et bien....BEEEEEEEEEURRKK ! Splatch et c'est marre ! Pardon pour tes nouvelles chaussures ! Et puis ça doit chlinguer là dedans ! Et j'aime mieux qu'on écrive "les pauvres filles " que "les prostituées" qui sont obligées de se coltiner des mecs graveleux et cons comme des morpions... des petites burnes qui se prennent pour des Don Juan irrésistibles.... Ah! C'est assez ! Je sens que je m'énerve et c'est pas bon pour mon attention. Les tordus moi je les redresse en trois coup de louche de ménagère de moins de cinquante ans sur l'occiput . Et, qu'ils ne disent pas "pitié ! " où j'en rajoute encore, trois par trois jusqu'à extinction du calumet . Tu vois où tu mets les pieds, hein Peter ! Alors ne t'excite pas inutilement, j'ai des humeurs fatales sur ces versions frelatées de la sensualité mercenaire...
Ecrit par : Marie.Pool | 03.04.2006
Loooooool !
Le peu que nous savons de Roberto laisse deviner un homme pas trop 'reluisant' en effet.
J'aimerais bien pouvoir m'indigner comme toi et diviser le monde entre 'pauvres filles' et 'mecs graveleux'.
Mais je n'y arrive plus.
Inconvénient de l'âge, sans doute.
Au-dessus, juste au-dessus du royaume de Hockenpock où se combattaient le bien et le mal, le rose et le noir, éros et thanatos, euphorie et dépression... Do nous construit un four à pizzas.
Terre mère, matrice, lieu saint.
Allez savoir s'il faut cultiver son jardin !
Do pense qu'il faut cuire la pâte.
Admirons au passage sa faculté de jouer tous les rôles qui peuvent contribuer à son projet : copine, femme, fille, maman, elle s'en fout.
:-)
Ecrit par : Peter | 03.04.2006
C'est très zen cette histoire de four à pizza, mais ça change pas grand chose au désordre crade du monde. Le manichéisme n'est pas de mise in et off de ce Royaume de Hockenpock, et je veux bien croire que même la fumée de ce four à bois qui va avaler la pâte sera évacuée au fur et à mesure grâce à l'ingéniosité de la moinesse tibétaine appariée. Mais tu ne vas pas t'en tirer comme çà banalisateur du non banalisable ! Tu n'es pas le seul , ni le dernier à siffloter et à faire la pirouette quand tes personnages sentent l'homme de cro-magnon.Roberto n'est pas mignon, on est bien d'accord sur çà. On avance . On avance. Te reste plus qu'à lui dire ses quatre ou cinq vérités pour qu'il aille chercher un peu d'air dans l'himalaya , en tout cas loin d' Ottavio qui n'a pas besoin de ce genre de compagnie pour garder le cap. Et puis les jeux de rôles ad vitam enfermam , les mêmes que Do. en ont soupé. Et si elles jouaient leur propre rôle sans scénariste patenté à leurs basques, ce serait un progrès pour l'humanité. Mais Pascuale a encore besoin d'une cervelle auxilliaire.Je ne désespère pas qu'il se fasse greffer un cerveau personnel reformaté : " je fais cuire moi-même sans bruit mes petits soucis". Essaie de l'aider, c'est un bon bougre, plus ridicule que méchant.On peut encore le sauver...
Ecrit par : Marie.Pool | 03.04.2006
Tutututut !
Je ne "banalise" rien du tout, MP.
:-)
Ecrit par : Peter | 03.04.2006
C'était la très bonne nouvelle du jour Peter !
Bises non vénales (et non fatales itou)
@;~)))
Ecrit par : Marie.Pool | 04.04.2006
Pour te répondre un peu plus longuement...
Je crois que lectrice et lecteur sont d'autant plus libres de s'interroger que je m'abstiens assez rigoureusement de faire la morale, de désigner des victimes ou des bourreaux.
Pasquale est souvent "perdu" dans un monde dont les autres semblent connaître les conventions.
Comme il nous le dit, au début : il n'a plus la force d'en vouloir à quiconque.
Il n'est pas "zen" pour autant, car on se doute bien que s'il a déposé les armes, c'est contraint et forcé, dépassé par les événements.
Du coup, les choses "lui arrivent" et il a du mal à les juger "bonnes" ou "mauvaises".
Pour moi qui écris, il est un "instrument" qui me permet, sans faire beaucoup de philosophie, de nous inviter à voyager un peu au-delà de nos certitudes.
Que cela ravive quelques indignations, qui me semblent par ailleurs pleinement justifiées, me ferait plutôt plaisir !
:-)
Ecrit par : Peter | 04.04.2006
Tant d'êtres à vau-l'eau... les retrouver dans des personnages n'est jamais bien rassurant .Si la morale se retrouve réactivée par ce type de portrait, c'est qu'elle est trop vraisemblable pour paraître inconséquente.C'est la complaisance de la littérature que je titille dans mes réactions. Décrire et non pas décrier me paraît insuffisant dans la langue de fiction. Je suis beaucoup plus exigeante et redoubler les lâchetés perpétuelles des vivants ne me fait pas rêver aussi fort que lorsqu'ils prennent parti pour les causes utiles. Quand la complaisance (même involontaire) est manifete, je grimpe immédiatement aux rideaux...
Ecrit par : M.pOOl | 05.04.2006
Mdrrrrrrrrrrrrrrrr MP !
Et quand tu grimpes aux rideaux, je suis heureux...
Je préfère les "visions" aux "rêves".
Du coup, je m'applique, quand j'écris, à donner à "voir" plutôt qu'à "rêver".
Complaisance involontaire ?
Que du contraire !
Désigner les héros, dénoncer les coupables, ridiculiser les incompétents ou les frileux serait à la fois plus facile et parfois bien plus tentant. Il se peut que je le fasse parfois, et ce serait vraiment involontaire, oui.
Se garder de tout cela pour que l'émotion puisse naître de l'observation de la folie humaine demande discipline et vigilance.
J'en dis donc juste assez, mais pas un mot de plus, pour que la bêtise et la vulgarité de Roberto nous apparaissent.
Le "vous n'en croirez pas vos yeux" du chef qui, en grand connaisseur, va promener les deux jeunes dans le quartier chaud suffit amplement à cet effet. Voilà bien à quoi se résumera la découverte d'Amsterdam pour ces trois sombres cons d'ingénieurs à l'occasion de ce "congrès".
Il aurait pu dire "vous n'en croirez pas vos yeux" au sujet du Rijksmuseum, du musée Van Gogh, des canaux...
Mais non.
Je les imagine bien, nos trois "latin lovers" qui déambulent là, provisoirement rassurés de se trouver du bon côté de la vitrine avec leur illusion de pouvoir... malicieusement contrariée par cette incertitude devant ce qui pourrait bien être, HORREUR, un travesti !
Heureusement que le chef, qu'on devine connement homophobe, est là pour leur éviter l'effroyable méprise.
Si cela te semble révoltant, stupide, agaçant, lâche, cruel, injuste, ridicule, dégoûtant...
Tant mieux !
C'est très exactement le but très volontairement recherché.
:-)
Ecrit par : Peter | 05.04.2006
J'adore lire vos commentaires les amis... Quelle matière !
Ecrit par : mimidup | 05.04.2006
Peter tes écrits seraient donc homéopathiques , quand les miens sont allopathiques ? Lesquels sont remboursés par la sécurité sociale ? Pendant que nous en causons la maladie de la bêtise court vite... et la convalescence des trois" Latin Lovers" me paraît non seulement grave mais interminable...
Les "visions" récidivantes sont de celles qui entretiennent le phénomène inefficace de la répulsion et de la colère. En agrandissant la plaie par sa couardise, Pascuale empêche que les berges se rejoignent... Rends-le plus intelligent, veux-tu ?
Ecrit par : Marie.Pool | 05.04.2006
Héhéhé MP !
Pasquale est loin d'être le plus irrécupérable de la bande.
Mais... je n'ai pas le pouvoir de le rendre intelligent.
Je peux, par contre, l'amener à se poser une petite question ou l'autre.
Si certains peuvent se battre pour imposer leurs vérités (sans nul doute nobles et généreuses) j'aime l'incertitude, pour ma part.
Faire chanceler une petite conviction est une manière comme une autre d'éviter que se reproduisent, sans cesse, les mêmes échanges frustrants.
Homéopathique ?
Va savoir, hein...
:-)
Ecrit par : Peter | 05.04.2006
Ce qui reste vraiment incertain et frustrant c'est le taux de remboursement de nos investigations dans la langue. Je sens que je vais prendre une mutuelle complémentaire. Prends -en une pour Pascuale, il n'est pas sorti de l'auberge... et les lieux publics sont des réservoirs à virus... Les oiseaux s'en plaignent et même les peintres aussi depuis le 1er Avril... Info. suit
Ecrit par : Marie.Pool | 05.04.2006
